Accompagnement thérapeutique en visioconférence

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L’anxiété n’est pas votre ennemie

On demande souvent comment « se débarrasser » de son anxiété. La formulation est révélatrice : elle traite l’angoisse comme un intrus, un défaut de fabrication dont il faudrait extraire la pièce défectueuse. C’est presque toujours par là qu’il faut commencer à travailler : non pas pour supprimer l’anxiété, mais pour changer de rapport avec elle.

Elle signale, elle ne ment pas

L’anxiété est un système de détection. Il fonctionne vite, il fonctionne mal, mais il fonctionne pour vous. Quand votre cœur s’emballe avant une réunion sans enjeu, ce n’est pas absurde : quelque chose, quelque part, a été identifié comme un danger. Souvent, ce danger a existé, il y a très longtemps, dans un autre contexte. Quelqu’un en vous l’a vécu pour de vrai, et pour cette personne-là, ce n’est pas encore fini.

Lutter contre ce signal revient à débrancher l’alarme incendie sans jamais regarder d’où vient la fumée. On y gagne un peu de silence, rarement la tranquillité.

L’anxiété de l’anxiété

Il existe un deuxième étage, souvent plus lourd que le premier : la peur d’avoir peur. On se met à surveiller ses propres sensations, à guetter le moment où « ça » va revenir. Cette surveillance permanente consomme une énergie considérable et, ironie du système, elle produit exactement les sensations qu’elle redoute.

Une bonne partie du travail consiste à démonter cette boucle. Non pas en se raisonnant, car l’anxiété se moque des arguments, mais en apprenant à laisser passer la vague sans lui ajouter le commentaire qui la fait grossir.

Trois choses qui aident, tout de suite

  • Allonger l’expiration. Inspirez sur quatre temps, expirez sur six ou huit. C’est le levier le plus direct dont vous disposiez sur votre système nerveux, et il ne demande aucun matériel.
  • Nommer, sans expliquer. « Je ressens de l’anxiété » plutôt que « pourquoi est-ce que j’angoisse ? ». La deuxième formulation vous enferme dans la boucle ; la première vous en sort d’un demi-pas.
  • Bouger. Marcher vingt minutes, même sans entrain, agit sur l’anxiété avec une régularité que peu de méthodes égalent. Ce n’est pas une évasion : c’est un usage du corps que l’angoisse mobilise justement.

Ces outils soulagent, et c’est déjà beaucoup : ils vous rendent assez de marge pour entreprendre le reste. Mais le travail de fond ne consiste pas à faire taire l’alarme. Il consiste à aller vers celui ou celle qui, en vous, la déclenche encore. Quand cette personne-là est enfin reconnue, l’alarme n’a plus de raison de sonner : on ne l’éteint pas, elle s’apaise.

Quand consulter

Quand l’anxiété commence à décider à votre place : les invitations qu’on décline, les trajets qu’on évite, les projets qu’on n’ose plus. Le critère n’est pas l’intensité de ce que vous ressentez, mais l’espace que cela vous prend. Si votre vie rétrécit, c’est le moment.

Et si l’anxiété s’accompagne de symptômes physiques inhabituels, consultez d’abord votre médecin. Certaines causes organiques miment très bien l’angoisse, et il vaut mieux les écarter avant d’aller plus loin.

Ces textes s’appuient sur la maïeusthésie, ou psychologie de la pertinence, l’approche dans laquelle je travaille. Elle part d’une idée simple : rien en vous n’est à corriger. J’en dis quelques mots sur la page À propos.

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